

Pour les cabinets d’avocats de petite et moyenne taille, la récupération des coûts liés à la technologie eDiscovery est désormais critique
Point clé à retenir: Pour tout cabinet d’avocats qui pratique l’eDiscovery, quelle que soit sa taille, la récupération des coûts technologiques est un levier stratégique essentiel. Les cabinets de petite et moyenne taille adoptent de plus en plus ce modèle pour compenser la hausse des coûts liés au SaaS et à l’IA, rester compétitifs et répondre au critère de raisonnabilité de l’ABA. Une récupération des coûts performante repose sur la pédagogie auprès des clients, une évolution des pratiques internes, le réinvestissement des montants récupérés, le recours à un partenaire expert et la standardisation des processus.
Tout cabinet de petite ou moyenne taille qui traite de l’eDiscovery sans mettre en place la récupération des coûts technologiques prend le risque de décrocher. Il y a cinq ans, seules les grandes firmes internationales refacturaient ces coûts aux clients. Aujourd’hui, de plus en plus de cabinets en dehors de l’Am Law 100 adoptent cette pratique. Elle leur permet d’utiliser des technologies d’eDiscovery avancées pour remporter des dossiers, répondre aux attentes des clients et satisfaire aux exigences professionnelles conformément au critère de raisonnabilité de l’ABA.
Facteurs d’adoption de la récupération des coûts pour les cabinets de petite et moyenne taille
De nombreux cabinets absorbaient auparavant le coût des technologies de discovery, en particulier ceux ayant investi dans des solutions peu coûteuses hébergées sur leurs propres serveurs. Dans ce modèle, le coût des plateformes technologiques restait marginal par rapport au temps humain facturable, notamment pour des tâches comme la revue de documents. La valeur apportée par la technologie était elle aussi limitée.
Aujourd’hui, le passage de logiciels hébergés en interne à un modèle SaaS dans le cloud facilite l’accès à des technologies de pointe, y compris l’IA, où la technologie crée une valeur directe. Le coût global de l’eDiscovery diminue, mais la part technologique peut désormais dépasser le temps humain facturable, l’IA assurant jusqu’à 90 pour cent de la revue documentaire de premier niveau. Cette évolution change fondamentalement l’équation de l’absorption des coûts technologiques.

La récupération des coûts liés à la technologie eDiscovery permet de maîtriser ces dépenses, qu’il s’agisse de les couvrir ou de générer un profit. Pour les cabinets de petite et moyenne taille, quatre facteurs clés motivent l’adoption de ce modèle.
Marchés géographiques: Les grands cabinets implantés dans les métropoles majeures comme New York, Los Angeles, Toronto ou Chicago répercutent généralement les coûts technologiques sur leurs clients. Les cabinets de plus petite taille présents sur ces marchés le font moins souvent. Cette situation évolue toutefois, en particulier dans le Midwest et à l’international, notamment au Royaume Uni, en Australie et au Brésil. Les rapports régionaux, comme ceux consacrés aux cabinets mid law au Royaume Uni, montrent une adoption de la récupération des coûts passée de zéro à plus de 50 pour cent. Cette évolution reflète un changement des attentes du marché et une maturité accrue des clients.
Spécialités en contentieux: En théorie, un cabinet peut mettre en place la récupération des coûts dans tout type de contentieux. Dans la pratique, les clients y sont beaucoup plus réticents pour les dossiers à faible budget, comme les enquêtes internes ou le pro bono, que pour les dossiers à forts enjeux, comme les opérations de fusions acquisitions ou les affaires d’antitrust et de droit de la concurrence.
Types de clients: Les grandes entreprises, déjà familières des coûts liés à l’eDiscovery, sont généralement peu sensibles au recours à la récupération des coûts par leur cabinet externe. Elles sont également de plus en plus enclines à exiger l’utilisation de l’IA et de technologies avancées. Les clients plus modestes, ou moins habitués à ces dépenses liées aux plateformes, ont davantage tendance à examiner ces pratiques de près et à s’y opposer lorsque les cabinets de petite et moyenne taille cherchent à récupérer les coûts ou à utiliser des technologies d’IA.
Réglementations et lois: L’importance du critère de raisonnabilité de l’ABA est déterminante. Les honoraires doivent être raisonnables et clairement expliqués. Les juridictions considèrent de plus en plus la technologie et l’IA comme des leviers nécessaires de réduction des coûts. Les frais liés à l’IA sont jugés raisonnables lorsqu’ils contribuent à diminuer le coût global.
Cinq étapes pour réussir l’adoption de la récupération des coûts
Pour les cabinets de petite et moyenne taille, la mise en œuvre réussie de la récupération des coûts repose sur cinq étapes clés.
1. Sensibiliser les clients à la valeur de la technologie et à son potentiel de réduction des coûts
L’adoption réussie commence par la pédagogie auprès des clients. Beaucoup ne mesurent pas pleinement les coûts associés aux technologies avancées, en particulier l’IA, souvent perçue comme gratuite ou peu coûteuse. La première étape consiste à partager des informations claires et des chiffres concrets montrant comment des technologies de pointe réduisent le coût global des projets. Lorsque les clients comprennent la proposition de valeur, la résistance à de nouveaux frais ou à leur augmentation diminue. Les messages doivent toujours mettre l’accent sur les économies réalisées à l’échelle du projet, et non sur le coût supplémentaire de la technologie.
2. Surmonter les résistances internes à la récupération des coûts
La culture interne constitue souvent un frein majeur à la récupération des coûts. De nombreux cabinets considèrent encore les coûts d’eDiscovery comme négociables ou comme une concession à absorber pour remporter des dossiers. Les cabinets les plus performants traitent ce sujet de front. Les associés et les décideurs doivent adhérer à la valeur des plateformes d’eDiscovery de premier plan et être prêts à l’expliquer et à la défendre auprès des clients. Dans de nombreux cas, la résistance est plus forte en interne que du côté des clients, ce qui souligne l’importance de l’alignement interne. Les cabinets qui réussissent utilisent l’adoption de technologies avancées comme un facteur de différenciation clé et un levier déterminant pour gagner de nouveaux dossiers.
3. Réinvestir les fonds récupérés dans la technologie et les capacités
La réussite durable ne se limite pas à la récupération des coûts des plateformes d’eDiscovery. Les cabinets doivent ensuite utiliser ces fonds de manière stratégique pour investir dans des technologies de premier plan, élargir leurs capacités et gagner en efficacité. Ce réinvestissement crée un cercle vertueux. Des technologies d’eDiscovery plus performantes permettent de remporter des dossiers à plus forte valeur, de répondre au critère de raisonnabilité de l’ABA et de légitimer davantage la récupération des coûts auprès des clients. Le passage au SaaS joue un rôle moteur, ces solutions impliquant souvent des coûts plus élevés, ce qui rend la récupération des coûts non seulement utile, mais indispensable.
4. S’appuyer sur un prestataire de services juridiques alternatifs expérimenté
Pour les cabinets qui débutent dans la récupération des coûts, l’expertise d’un prestataire de services juridiques alternatifs est déterminante. Un partenaire disposant d’une expérience éprouvée auprès de cabinets de toutes tailles sait gérer la complexité de la facturation, du choix technologique et de la standardisation des processus. Les cabinets qui s’appuient sur cette expertise évitent les écueils courants et accélèrent la mise en œuvre. L’accès à un large éventail de solutions renforce les options de conseil et maximise les chances de réussite.
5. Standardiser les processus pour renforcer la robustesse et l’efficacité
La récupération des coûts incite les cabinets à standardiser leurs pratiques d’un dossier à l’autre afin de gagner en efficacité et en solidité opérationnelle. Cette standardisation repose sur des pratiques de facturation cohérentes, des flux de travail rationalisés et une meilleure gestion des risques. Elle bénéficie non seulement au cabinet, mais renforce également la confiance et la satisfaction des clients.
Valorisez pleinement vos investissements technologiques
La récupération des coûts technologiques est essentielle pour les cabinets d’avocats de toute taille afin de rester compétitifs, tirer parti de la technologie, respecter les standards professionnels et dépasser les attentes des clients. La réussite repose sur cinq piliers, la pédagogie auprès des clients, l’évolution de la culture interne, le réinvestissement, le partenariat avec un prestataire de services juridiques alternatifs et la standardisation des processus. Lorsque ces piliers sont en place, le cabinet se positionne pour une réussite durable.
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Brandon Hollinder, vice président eDiscovery et solutions cyber
Brandon Hollinder est avocat de formation et cumule près de vingt ans d’expérience dans la profession. Il occupe aujourd’hui le poste de vice président eDiscovery et solutions cyber chez Epiq, premier prestataire mondial de services juridiques alternatifs. À ce titre, il définit et pilote la stratégie de mise sur le marché d’Epiq pour les services managés d’eDiscovery et la réponse aux incidents cyber, en partenariat étroit avec les clients afin de concevoir et déployer des solutions technologiques et de services avec efficacité et expertise. Il joue également un rôle moteur dans l’innovation technologique et opérationnelle chez Epiq. Il accompagne les clients dans l’adoption et l’intégration réussie de solutions avancées, notamment l’analytique et l’IA générative.
Cet article est destiné à fournir des informations générales et non des conseils ou des avis juridiques.